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AES B8412 | StATI Risorgimento italiano (Scatola 3) (Abschrift)

Staatsrat Tessin an Alfred Escher und Josef Munzinger, Lugano, Mittwoch, 18. Oktober 1848

Schlagwörter: Eidgenössische Kommissäre TI, Flüchtlingskonflikte (Tessin), Lagebeurteilungen (diverse), Landesverteidigung und Militär, Regierungsrat TI, Tagsatzung

Briefe

Copie

Lugano 18/19. Octobre 1848

À Messieurs les Représentans Fédéraux

Sans réponse à notre lettre d'avant-hier il nous est impossible de nous taire sur les nouveaux faits qui sont venus aggraver la situation, d'autant plus que les remontrances qui vous ont été faites par notre Délégation sont restées sans effet.

À Locarno des citoyens continuent d'être désarmés. Le citoyen Orelli Médecin et Membre Municipal a subi cette humiliation Dans les trois chefs-lieux des sentinelles sont placées devant les Douanes et les édifices publics, et même devant les boutiques des particuliers. Le Commissaire de Locarno n'a pu pénétrer dans son bureau hier au soir ni ce matin sans une vive et inconvenante altercation avec la sentinelle.

Un soldat de la Garde National de Locarno porteur d'une dépêche du Commissaire pour le Gouvernement a été arrêté et désarmé à Magadino, retenu à peu près une heure et demie et accompagné jusqu'au mont Cendre par la force Fédérale et cela parceque ce soldat n'avait pas le mot d'ordre que les Autorités Fédérales n'ont jamais communiqué.

Cette nuit un Officier se trouvant dans un cabaret de Lugano ordonne à des citoyens qui parlent entr'eux de leurs affaires de sortir et sur leur refus s'en va chercher la force pour les arrêtér.

Hier des curieux autour d'une estaffette sont maltraités par un officier; un ressentiment se manifeste dans la foule, les troupes du Corps de garde chargent les armes, se renforcent en place des sentinelles, on prend des précautions comme dans un pays hostile.

Le commerce des armes est non pas seulement surveillé, ce qui pourrait être fort raisonnable, mais soumis à des mesures telles que le citoyen ni l'Autorité Tessinoise ne scavent ni ce qui est permis, ni ce qui est défendu.

La force militaire continue de s'adresser directement à nos employés sans préalabable communication au Gouvernement; l' on continue à prendre des mesures sans que le public en soit averti, sans qu'il sache de qui elles proviennent.

Des actes d'indiscipline se succèdent; une ex-réligieuse passant avec une autre femme devant le couvent de Ste Marguérite furent assaillies par des soldats qui voulaient les | entrainer dans la caserne même. Un officier Mr ... qui a servi à l'étranger à Naples semble se plaire à provoquer les gens paisibles.

La conséquence de ce sistème est on ne peut plus déplorable. La population est exaspérée: Elle voit son Gouvernement humilié et impuissant, elle se voit soumise à un régime indéterminé arbitraire dont elle ne peut prevoir la portée. Nous ne pouvons autrement que de partager les sentimens de nos administrés. Nous ne pouvons qu'être profondément affligés de la situation qui a été faite de notre Canton. Nous en sommes à nous croire traités comme un pays militairement occupé.

Et pourtant la Diète a approuvé la conduite du Gouvernement du Tessin! Et pourtant aucun évènement n'a eu lieu depuis qui puisse faire supposer que Nous ayons décliné de notre manière d'agir internationales!

Mais notre devoir ne nous permet nullement de nous contenter de simples doléances. Nous devons après avoir exposé franchement la situation Vous demander fermement le redressement de nos griefs.

Nous ne pouvons ultérieurement tolérer que nos concitoyens soient ni désarmés, ni arrêtes. La force militaire fédérale n'a aucune compétence sur les personnes civiles. Nous ne pouvons permettre que nos employés aient à recevoir d'autres ordres que ceux qui èmanent de Nous, que le service d'ordonnance de police de notre force cantonale soit empêchée.

Nous devons faire les plus vives instances pour que le service de place soit fait en sorte qu'il n'en résulte pas une incommodité vexatoire aux citoyens sans aucune utilité pour les intèrêts suisses.

Si ces justes réclamations n'étaient pas entendues nous devrions faire ce que notre devoir envers nos administrés nous ordonne, c'est à dire aviser à ce que la responsabilité de deplorables conséquences ne retombe pas sur nous.

Pour copie conforme
Le Sécrétaire d'Etat
J. B. Pioda