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Korrespondenz: Alfred Escher – Clemente Maraini

AES B8285 | SBB Historic VGB_GB_SBBGB03_066

Clemente Maraini an Alfred Escher, Rom, Mittwoch, 18. Juni 1873

Schlagwörter: Bundesrat, Eisenbahnanschluss an ausländische Netze, Eisenbahnen Gutachten und Expertisen, Eisenbahngesellschaften (diverse), Eisenbahnstrecken Konzessionen, Gotthardbahn-Gesellschaft (GB), Gotthardbahnprojekt, Gotthardtunnel, Mont-Cenis-Bahn, Personelle Angelegenheiten, Società per le strade ferrate alta Italia (Oberitalienische Eisenbahngesellschaft) (SFAI), Tunnelbau

Briefe

Rome 18 Juin 1873 1

102. Via Tre Cannelle

Honoré Monsieur,

J'ai bien reçu votre éstimée lettre du 29 Mai passé, et je vous remercie des reins eignements que vous me donnez sur la manière de voir de la Direction du Gothard à l'égard des questions que j'ai eu l'honneur de vous soumettre pour une ligne directe entre Pino et Gênes. Je m'associe complétement aux opinions émises par la Direction, et je m'occupe avec beaucoup d'intérêt à étudier les moyens d'action afin de constituer un noyau réspèctable et assez puissant pour assurer le bon résultat de cette entreprise, qui sera, je n'en doute pas le complément de la ligne du Gothard. Je travaille dans ce but, et j'ai dejà des adhésions très importantes. |

Je me réserve de vous donner connaissance des résultats obténus lorsque les travaux préliminaires auront acquis a cette entreprise une probabilité réelle et sufisante de réussite.

J'ai communiqué à Mr Ingre Campiglio les décisisions de la Direction concernant ses propositions pour l'expoloitation de part de la Société du Gothard de la ligne MilanSaronnoMendrisio.

Pour ce qui regarde la construction du tronçon CamerlataChiasso je vous assure cher et honoré Monsieur que les lenteurs et les faiblesses du Ministère des travaux publics sont vraiment inconcévables. Je ne saurait vous dire combien de fois j'ai vu à ce sujet, dans le mois de Mai et dans le mois courant, Mr le Ministre et Mr le Directeur Géneral. Toujours des conversations très aimables, toujours des assurances formelles: mais jusqu'à present malgré | mes sollicitations on m'as pas approuvé le projet définitif, et la société de la Haute Italie n'as prise aucune disposition pour commencer les travaux. Ce que nous avons obtenues, a été d'empêcher que le tracé CamerlataChiasso fut établi dans les conditions proposés par la Haute Italie dans la Conference de Como. La contre pente du tunnel de Monte Olimpino, spécialement, n'as pas été admise malgré les insistances de la Société. Mais cette discussion aussi, d'ailleurs profittable, a servi de pretexte pour d'autres rétards.

On éspérait même que la Société du Gothard aurait demandé une prolongation des termes pour la ligne ChiassoLugano: et Mr le Ministre des travaux Publics a été surpris, et j'ajouterait même, presque désappointé, lorsque je lui ai déclaré | d'une manière formelle que la Société avait prises toutes les mesures nécéssaires pour ouvrir la ligne au 6 Décembre 1874.

Hier encore j'ai été assuré qu'on s'était mis d'accord avec la Société de la Haute Italie, qu'on s'était entendus sur le tracé entier, et que les travaux de la gallerie de Monte Olimpino seraient entrepris incessamment: Mais j'ai raison de douter encore de l'entière précision de ces déclarations.

Et comme je connais assez les rouages administratifs du Gouvernement et de la Haute Italie, je crois pouvoir vous assurer que pour le Décembre 1874, le tronçon CamerlataChiasso ne sera pas fini: par conséquent je vous conseille à prendre dès à présent toutes les précautions que vous jugerez necessaires pour sauvegarder les interêts de la Société du Gothard. |

Mais si d'une part le Gouvernement Italien montre si peu d'empréssement pour la question de la jonction de Chiasso, je dois vous dire qu'il suits avec beaucoup d'attention les questions rélatives au grand tunnel. On a chargé expressement Mr le Directeur General Valsecchi de faire chaque mois une rélation au ministre sur les rapports envoyée par le Conseil Féderal: et dans ma dernière conférence avec ce Monsieur il se montrait surpris (et j'ajouterais confidentiellement) presque satisfait de ce que les travaux d'avancement se developpent avec quelque rétard. Il m'ajoutait même des détails sur les installations à Göschenen et à Airolo, sur les dispositions prises par Mr Favre, et (à ce qu'il prétendait) sur des conflits qui aurait dejà éclaté ou qui serait sur le point d'éclater entre l'entreprise et la Société, | que vraiment j'en ai été bien étonné. Naturellement j'ai dementi d'une manière peremptoire ces allégations: je lui ai montré que la Société et l'entreprise avaient deployé une activité satisfaisante, malgré les rétards qu'on avait du subir à cause des «dépositaires du Mont Cenis, etc.» Mais ce fait a attiré mon attention, et je crois de mon devoir de vous donner connaissance de cet incident pour votre gouvernement. Je ne serais pas surpris qu'il y avait là une des manoeuvres de ces messieurs de Turin.

La question des stations internationales à été aussi le sujet de plusieurs de mes entrevues avec Mr le Ministre. Le Gouvernement desirerait les avoir toutes les deux sur le territoire Italien: mais, quoique du point de vu Suisse je n'aime pas la presque neutralisation qu'aurait à subir une Zone de | notre territoire, si par exemple on établissait une des stations a Bellinzona, je ne crois pas que le Conseil Féderal soit disposé à accepter les propositions de l'Italie. Du reste je pense que Mr Pioda aura la déssus des instructions exactes sur la ligne de conduite à suivre.

Depuis la dernière polémique avec les dits «dépositaires», pas une voix ne s'est élevée en Italie contre la Société du Gothard, ni dans le Parlement, ni dans la presse. Je suis toujours très attentif a ce sujet, et j'ai donné des ordres a la Rédaction de mon journal pour qu'on me communique immediatement tout article qui traiterait cette question.

Je crois aussi utile de vous reinseigner sur un mouvement de plusieurs Banques Italiennes afin de racheter | la Société de Chemins de Fer Romains, et de constituer sur les ruines de l'ancienne une nouvelle Société. Mr Servadio, avec ses établissement, agit lui aussi dans ce sens: et, il y a quelque temps, il m'as fait des ouvertures pour me charger de vous proposer d'étudier cette question et d'entrer dans la combinaison qu'il projectait, avec les capitaux suisses.

Comme je n'ai pas une opinion satisfaisante de cette affaire, j'ai décliné les offres de Mr Servadio, ne voulant pas me charger de vous faire des propositions sur un argument que je n'aurais pu vous conseiller dans l'étàt actuel des choses.

Cette question des Chemins de Fer de l'Italie Centrale (c'est un réseau de 1652 Kil. qui va de Gènes a Naples) aurait réelement une grande importance. Mais au point ou elle en est, je ne crois pas qu'on | puisse étudier serieusement une combinaison avant qu'on ait résolue – ou par un rachat de part du Gouvernement qui est le principal créditeur, ou par la faillite de la Société – la situation actuelle.

Si cela peut vous intéresser je vous reinsegnerais sur les phases prochaines de cette question.

Mr Brioschi a fini dans ses jours les études pour la ligne PinoOleggio, et on m'assure qu'il va en demander la concession définitive, d'accord en cela avec la Haute Italie. Ce fait serait très régrettable pour la bonne reussite de mon projet PinoGênes: mais j'éspère de pouvoir l'empêcher.

Je crois que dans ce mois la Direction pourras signer les contrats pour la construction de la ligne ChiassoLugano, et je vous serais obligé si vous voudrez me donner connaissance des noms des adjudicataires. | Je vous prie cher et honoré Monsieur de vouloir bien excuser mon rétard à vous ecrire: mais dans l'attente d'une solution de la question Camerlata Chiasso je vu passer avec impatience des semaines entières. Un des malheurs de l'Italie c'est qu'on y fait trop de politique, et trop peu de bonne administration! Cela nuit beaucoup aux affaires. Aujourd'hui nous sommes menacées d'une crise ministerielle, qui éclatera, je crois avant la fin du mois. Si mes prévisions se réaliseraient, je vous reinsegnerais immédiatement des tendances des nouvaux Ministres en égard à l'entreprise du Gothard.

Agréez mes salutations afféctueuses et empressées 2

Votre Devoué

Maraini

Kommentareinträge

Nachträgliche Inhaltsangabe oben links auf Seite 1 von dritter Hand: «Verzögerung des Baues der Linie Camerlata Chiasso durch die ital. Regierung. | Präsidium.» – Nachträglicher Stempel oben rechts auf Seite 1 mit von dritter Hand eingetragener Nummer: «Gotthardbahn | 5 JULI 1873. | No 2360.» – Nachträgliche Notiz unten rechts auf Seite 1 von dritter Hand: «Prot. 24. VI. 73. N 645.»

1Nachträgliche Notiz von Eschers Hand: «empf. am 22» .

2Nachträgliche Notiz von Eschers Hand: «Geschäftsber. »