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Korrespondenz: Alfred Escher – Charles Ducoster

AES B6853 | SBB Historic VGB_GB_SBBGB01_010

Charles Ducoster an Alfred Escher, Lugano, Dienstag, 16. Februar 1869

Schlagwörter: Bundesrat, Eisenbahnen Finanzierung, Gotthardbahnprojekt, Lukmanierbahnprojekt, Regierungsrat TI, Öffentliche Beteiligungen (Infrastruktur)

Briefe

Monsieur le Président Escher
Zuric

Lugano 16 février 1869.

Très honoré Monsieur!

En attendant que la procuration annoncée n'arrive, et que Mons. Fraschina, qui depuis 5 à 6 jours est en inspection en Léventine ne soit de retour, ce qui sera demain, je profite du tems que j'ai pour vous mettre au fait de ce qui se passe ici.

Mr Veladini, hier soir, a expédié à Mons. le Président Zingg un assez long rapport sur la situation actuelle de ses démarches auprès des Communes du Canton, de Como et de Milan, afin d'arrondir la participation au capital, et en même tems le questionner sur le chiffre des actions (250,500,–) afin de compléter tous les détails du plan financier à soumettre à l'assemblée communale pour son acceptation définitive. Il compte en tout proposer 600/m fs. –

À côté de cela se présenter, en premier lieu les démarches à faire auprès du Conseil fédéral dans l'intérêt du raccordement ChiassoCamerlata, base du projet. Or étant déjà entrés dans le 3e mois dela dilation des 10 mois, et cette négociation devant entrainer une perte de tems considérable, il faut d'autant plus vite l'entamer. M. Battaglini a déja préparé le recours au Conseil fédéral 1, et il n'attend que l'adhésion du Conseil d'Etat à la cession | pour vous le soumettre et entrer en matière.

Ces Messieurs seront aussi bien aises de connaître vos vues personnelles, sur le moment que vous jugerez plus opportun pour la la constitution du Conseil d'Administration de la Société, et si cette organisation aura lieu avant ou après l'assurance de construction du tronçon de raccordement Chiasso Camerlata. On pourrait supposer que ce ne sera qu'après, c'est à dire lorsque l'établissement de la ligne ChiassoLugano deviendra obligatoire aux termes de l'acte de cession.

M. Weber m'ayant exprimé votre desir de ne pas vous dessaisir de votre double original dela susde cession, Mons. Pioda a décidé que Monsr Battaglini, en sa qualité de notaire, en fera deux Copies légales, l'une pour rester au Conseil d'Etat, l'autre pour être envoyée au Conseil fédéral.

Mons. Stoppani est retourné ici cette nuit. Il a été à St Gall et Coire et est rentré à Bellinzone par le Bernardin. Je pense qu'entre ce soir et demain on saura un peu mieux ce qu'il a été faire et quels sont ses projets. – L'on ne saurait douter qu'il ne s'agisse de nouveau d'une levée de boucliers des Lukmanistes; il représente toujours les mêmes éléments Moutonniens, et on l'aura appelé pour tenir un Conseil de guerre et avoir au préalable un rapport de situation exact de ce qui se passe ici. Je serai rudement à la piste de ce qu'il fait & aurai soin de vous en instruire; le sujet en vaut la peine et est palpitant pour le Comité. |

Cette perspective me tient naturellement en émoi, et anxieusement désireux de savoir ce qui Mons. Weber aura fait avec Mons. Romerio. Jusqu'ici est malgré que nous en étions convenus, il ne m'a donné aucun signe de vie. – Hier soir, au passage et retour de Mons. le Président Bazzi et de Mons. Franciola, qui revenaient de leur course à Milan, Mons. Pioda a pu savoir, qu'en général M. Romerio avait été fort favorable à la reprise immédiate des négociations à Locarno, trouvant que le terme du 24 Court assigné pour la convention du parti anglais était trop long et inutile. Mais ses discours, toujours et soigneusement précédés de la formule «Faites attention que je ne suis pas membre du Comité Locarnais» peuvent être interprétés de plusieurs modes. C'est la Sybille de Delphes!

Les Constructions italiens, et banquiers, qui avaient fait des propositions de construction 2 au Comité Luganais, mais que ceux-ci n'avaient pas nommés, se trouvent être de mes amis de Turin. Ils viennent de m'adresser une lettre, par l'intermédiaire d'un ami d'ici, par la quelle ils me témoignent leur desir de s'entendre par mon entremise avec le Comité du Gothd. Ils offrent de recevoir pour un million d'actions, un Compte travaux, et disent être à même de favoriser puissammt la question du racordement. J'ai prié l'ami intermédiaire de répondre, que la question de Construction n'était pas encore mûre, et que je n'avais aucune autorisation d'entrer en pourparlers préliminaires avec eux, ce qui cependant pourrait arriver plus tard.

Ce qu'il y a de plus piquant encore, c'est que je suis tout près de me trouver en contact avec les capitalistes | Anglais dont Mons. l'ingr Franzoni de Locarno fait tant de bruit: voici ce qui arrive, et qui me prouve en même tems que M. Franzoni n'est pas aussi avancé qu'il le prétend. L'avocat et agent de Londres qui a procuré les 4 à 5 millions devorés par la combinaison Sillar, a écrit avant'hier à un de mes amis intimes, «que sollicité de concourir à la formation du capital des Lignes tessinoises, qui jouissent d'un subside de 2 millions, il ne sait avec qui se mette en rapport pour les négociations auxquelles il serait disposé». Il ajoute, «on met en avant Mons. Stoppani, mais je n'ai aucune confiance en lui. Indiques-moi donc à qui je pourrais m'adresser, mais à quelqu'un jouissant de toute notre confiance, et qui sait placé dans cette question de manière à offrir une garantie de résultat.» Il résulte de sa lettre que si le tiers du capital nécessaire était assuré, il se chargerait des autres ⅔. Cet ami qui ne réside pas à Lugano, mais a Maroggia, sans me consulter, naturellement, m'a desuite indiqué; et ce matin en arrivant par le Bateau, m'a instruit de tout ce qu'il avait fait à mon insu! Je dois donc supposer de recevoir des ouvertures d'ici quelques jours. Comment dois-je les accueillir si elles arrivent? Veuillez, je vous prie, Monsieur, me donner vos instructions éventuelles; car c'est une véritable aventure, au moins pour le moment.

N'ayant plus rien à vous mentionner pour aujourd'hui, Trés honoré Mons. Escher, et espérant avoir l'honneur et le plaisir de vous lire sous peu, veuillez recevoir l'assurance réitérée de ma haute considération

Votre très dévoué Serv.

C. du Coster

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