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Korrespondenz: Alfred Escher – Ernest Stamm

AES B5660 | SBB Historic VGB_GB_SBBGB01_006

Ernest Stamm an Alfred Escher, Florenz, Dienstag, 7. Juni 1870

Schlagwörter: Gotthardbahnprojekt, Italienisches Parlament, Splügenbahnprojekt, Öffentliche Beteiligungen (Infrastruktur)

Briefe

Florence, 7 Juin 1870
Via Garibaldi. 6

Monsieur

Il faut être à Florence pour se faire une idée nette de la situation des choses, situation changeante qui n'est déja plus ce qu'elle était quand M. de Gonzenbach partit d'ici.

Ce concours de circonstances, cette sorte de transaction mutuelle, en vertu de laquelle toutes les conventions de chemins de fer devaient se voter à la fois et dont M. de Gonzenbach vous aura parlé, risque fort de tomber dans l'eau ou du moins de changer de face. Je m'efforce de faire arriver la loi du Gothard avec celles de ces conventions qui passeront sans naufrage et surtout celles des chemins méridionaux et calabro-siculais, afin d'être sûr des députés du Midi.

J'ai bon espoir, le conseil des ministres s'occupe aujourd'hui même de notre affaire, mais je ne dors que d'un oeil et je n'approuve pas son désir de demander aux chemins méridionaux de participer pour ½ million aux subsides pour le Gothard parce que cela peut amener un retard ainsi que me l'a prouvé une conversation que j'ai eue ce matin avec M. Bastoggi. . –|

Je crains trois sortes d'adversaires

1o les Splughistes, soutenus par Rotschild, lequel s'irrite d'autant plus que le Parlement va lui refuser la ligne de la Ligurie qu'il devait prendre selon un traité maladroitement établi (!) – Il s'agit de la ligne PiseSpezia, GênesNice.

2o Les mécontents de Gênes et de Turin qui semblent poussés par des causes mystérieuses et dont quelques-uns veulent attaquer le traîté de Berne en lui-même. Parmi ceux-ci, il y a Grattoni que je dois voir demain.

3o Les mécontents dont la convention de chemin de fer auront été écartées.

– Les frais maximum dont nous sommes convenus entre nous, le 27 Avril, ne suffiront que si je ne dois pas les charger de la liquidation du passé! Maraini, Fortis, Bemorino, Moyen, et autres recommandés de quelques puissants et notamment du syndic... etc etc. –

Je vous propose en conséquence de faire du passé antérieur au mois d'Avril, un compte à part et je vous prie de soumettre tout de suite cette proposition au comité du Gothard. Une fois ceci accepté, télégraphiez-le moi et fixez-moi un maximum que je propose de 12000 francs et dans lequel je ne compte évidemment rien pour moi. Il faut lui ajouter la restitution à Fortis de 4 actions sans valeur que vous avez en mains.|

Si d'ailleurs, vous voulez charger du passé, une autre personne que moi, j'en serai bien aise, car je ne connais rien de desagréable comme des récriminations auxquelles je ne sais quoi répondre puisqu'elles se réfèrent à des faits plus ou moins anciens dont je n'ai pas connaissance et auxquels je n'ai pas été mêlé. – Je crois pourtant maintenant pouvoir liquider tout cela.

Si je ne liquide pas immédiatement ce passé je compromettrai le présent, qui demande lui-même la plus vigoureuse action et toutes les ressources de notre convention. Si au contraire je le liquide, les défiants deviendront des appuis.

Si vous croyez pouvoir prendre sur vous d'accepter ma proposition à cause de son urgence; n'y manquez pas je vous prie.

– Je prends bonne note de ce que vous me dites de M. Mancini mais on m'a fait supposer qu'on lui avait offert d'être le Conseil de la Compagnie du Gothard en Italie. Est-ce vrai?

– Il serait bon de m'adresser une lettre en dix lignes, toute simple, par laquelle le Président du Comité du Gothard me charge officiellement de représenter le Gothardverein à Florence et d'employer mon temps ou vue d'obtenir une prompte ratification du traité de Berne. – M. Pioda me conseille d'avoir cette lettre sur moi, là où je juge utile de prendre la qualité de représentant de vos intérets, afin que si quelqu'adversaire venait tout à coup me demander mes pouvoirs, comme on l'a fait envers quelques agents splughistes qui se disaient envoyés par Rotschild, je ne sois | pas dans l'embarras comme eux. – Je ne voudrais pas en effet, montrer notre convention du 27 Avril, à tout individu.. . et je serais bien fâché d'être dans l'embarras pendant huit ou dix jours et de passer pour un officieux inavoué.

Vous voyez que ce que je vous demandais à cet égard par dépêche est bien simple et qu'il n'y a pas de quoi provoquer d'amples explications de la part de M. Pioda.

Et plus je réfléchis, plus je vois l'utilité de cette lettre officielle. Par exemple, si je l'avais eue ce matin, je l'aurais tout de suite fait voir à Bastoggi qui me disait avoir reçu visite et communiqué déja avec un agent du gouvernement suisse. Il voulait parler de M. de Gonzenbach qui était porteur d'une lettre de M. Welti. – Ne trouvez-vous pas qu'il serait même bon que j'eusse aussi une telle lettre? – Il est vrai que pour avoir une mission du Président de la confédération suisse, il faut peut-être avoir la nationalité suisse?

Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations les plus empressées

Ernest Stamm

À Monsieur le President Escher, à Zurich.

Kontexte