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Korrespondenz: Alfred Escher – Karl Wilhelm von Graffenried

AES B5501 | SBB Historic VGB_GB_SBBGB01_008

Karl Wilhelm von Graffenried an Alfred Escher, Brüssel, Donnerstag, 21. September 1865

Schlagwörter: Eisenbahnen Finanzierung, Gotthardbahnprojekt, Lukmanierbahnprojekt, Öffentliche Beteiligungen (Infrastruktur)

Briefe

Monsieur le Président Dr Alfred Escher,
Zürich. 1

Bien cher Monsieur,

Je vous confirme mon télégramme de ce jour: «R personnellement favorable à subvention, mais donnera déclaration officielle seulement après accord avec collègue des Travaux, qu'il croit également favorable. Collègue absent jusque mardi. En attendant irai Lahaye, où serai demain bureau restant.» et je viens vous donner un court résumé de mon voyage jusqu'ici.

Parti de Berne dimanche j'étais à Paris lundi matin. Je cherchai à y faire quelques visites relatives au but de ma mission: ainsi chez Mr Kern, chez le Commissaire et chez le directeur de la [succursale?] de Mr Langrand. Mais le premier était en Suisse, et ces derniers étaient absents de Paris jusqu'à la semaine prochaine. Je repartis donc lundi pour Carlepont, où j'arrivai le soir chez Mme de Villars. J'y restai mardi, et j'y appris que le prince de Chimay s'était dernièrement si complètement brouilli avec le ministère belge, que sa recommandation serait plutôt nuisible qu'utile. Je repartis pour Bruxelles, où j'arrivai mercredi, et où je sollicitai de suite une audience de Mr Rogier. Je fus reçu aujourd'hui par le ministre, et j'eus avec lui une très-longue conversation, dont voici le résultat.

Mr Rogier s'informe très-exactement des effets de la ligne du Gothard sur le trafic entre la Belgique et l'Italie, et des détails du plan financier adopté par le Comité relativement aux subventions. Il me témoigna ses regrets des chances très-faibles de revenu offertes par les actions de IId rang; et me demanda, s'il ne pourrait être question de subventions contre actions de Ier rang ou obligations, ou si du moins il ne serait pas possible de réduire à 6% par exemple le chiffre de dividende réservé par priorité aux actions de Ier rang. Je lui répondis, que j'étais chargé par le Comité de chercher en première ligne à obtenir une subvention contre actions de IId rang: mais qu'en seconde ligne je ne me refuserais pas à transmettre au Comité des propositions du concours financier reposant sur d'autres bases.| Je lui fis remarquer les raisons majeures économiques et politiques, qui devraient intéresser la Belgique en dehors de toute pensée de revenu, et l'urgence d'une décision à communiquer à l'Italie au sujet des subventions avant la délibération officielle du ministère italien au commencement du mois d'Octobre. Enfin je réclamai de sa part pour le moins une déclaration de la Belgique à l'Italie par laquelle il serait établi, que le Gothard seul pouvait prétendre à une subvention belge.

Mr R. s'opposa encore plus à cette dernière idée qu'à celle d'une subside, alléguant l'impossibilité où se trouvait le gouvernement belge de se lier les mains pour le cas où il lui serait réclamé et où il serait disposé d'accorder une subvention à une autre ligne que le Gothard, s'il était promi plus tard que cette autre ligne était plus avantageuse au commerce belge.

Je compris, que Mr R. avait été sollicité par le Lukmanier, et je lui indiquai les chiffres comparatifs des distances établissant la supériosité du Gothard.

Mr R. me déclara enfin être personnellement disposé à accorder la préférence et une subvention au Gothard, mais ne pouvoir faire cette déclaration officiellement au nom du Gouvernement avant de s'être d'abord mis d'accord avec son collègue le ministre des travaux publics, du département et du budget duquel il s'agissait ici. Il me donna de suite une lettre d'introduction pour son collègue de travaux publics, Mr [van der Stichelen?]; et ajouta, qu'il croyait celui-ci également bien disposé pour le Gothard. Mais il insista sur le désir de ne pas être engagé par sa déclaration personnelle, tandis qu'il me permit de vous la communiquer.

Je me rendis aussitôt chez le Ministre des travaux publics, lequel malheureusement venait de partir pour prendre à la campagne quelques jours de repos. Je retournai chez Mr Rogier, lequel me conseilla de ne pas suivre son collègue à la campagne, mais de remettre la suite des négociations à son retour lequel aura lieu probablement mardi prochain. En attendant Mr R. fût d'avis, que je me rendisse à La Haye pour| y poursuivre le but de ma mission, et il me donna à cet effet une recommandation pour le ministre belge en Hollande.

J'irai donc demain de grand matin à La Haye, d'où je pense revenir ici au commencement de la semaine prochaine: tandis que j'aurai pu recevoir soit à la Haye soit ici poste restante, les observations que vous inspireront peut-être pour moi les communications de Mr Rogier.

Je ne sais, cela va sans dire, quel sera le résultat officiel de l'accord à intervenir entre Mr Rogier et Mr [van der Stichelen?]; mais jusqu'ici je n'ai lieu ni de trouver déraisonnable le désir de Mr Rogier de s'entendre avec son collègue, ni de mal augurer à la mission belge, que j'entrepris – vous le savez – en croyant Mr Rogier opposé en principe à un subside.

Je suppose, que ma communication des déclarations des Etats allemands, réunie à la décision de la commission italienne et à la proposition de l'Italie d'entreprendre le tunnel, ont déterminé le changement d'opinion de Mr Rogier à cet égard.

Ici j'ai bien reçu la lettre de créance de Mr Zingg et la liste des personnes, auxquelles ont été adressés les Rapports, etc., – liste que m'a envoyée Mr Widmer.

À mon retour à Bruxelles je verrai, s'il m'est possible d'entamer quelque négociation individuelle au sujet de la formation de la Compagnie.

Avant de vous écrire j'ai ce soir adressé encore à Mr Rogier un exposé détaillé du plan financier adopté par le Comité, et un résumé des motifs principaux, qu'aurait la Belgique à subventionner le Gothard.

J'espère, que cet exposé gravera les faits dans l'esprit de Mr Rogier, et que je le trouverai à mon retour des Pays-Bas encore plus décidé que maintenant en notre faveur.

Je vous prie, bien cher Monsieur, d'accepter l'assurance de mon respectueux et reconnaissant dévouement.

Guillaume de Graffenried

Bruxelles, 21 Sept. 1865.

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