Navigation

Korrespondenz: Alfred Escher – Carl Feer-Herzog

AES B4977 | SBB Historic VGB_GB_SBBGB01_005

Carl Feer-Herzog an Alfred Escher, Mailand, Freitag, 24. September 1869

Schlagwörter: Gotthardbahnkonferenzen, Gotthardbahnprojekt, Splügenbahnprojekt, Öffentliche Beteiligungen (Infrastruktur)

Briefe

Milan 24 Sept. 1869.

Monsieur!

Je vous confirme ma dèpêche d'avanthier – et je vous accuse réception de la votre d'hier au soir. L'accession du Wurtem berg est un heureux évènement qui ne manquera pas de faire beaucoup de sensation.

Le but de ces lignes est de vous donner un rapide résumé des nouvelles et des impressions que j'ai pu recueillir ici. La rèsultante n'est pas tout à fait dèfavorable.

Les chefs du corps municipal se donnent de la peine pour changer le courant de l'opinion. En arrivant j'ai même trouvè MM. Belinzaghi, Servolini et Tatti rèunis et occupés à discuter leur plan stratégique. Le système de Mr. Belin zaghi est de ne pas attaquer le boeuf par les cornes mais de le conduire doucement dans l'étable sans qu'il s'en doute. Au mois de Juin déjà il a essayè de constituer une commis sion municipale pour la question àfin d'éxercer une pression sur la commission provinciale. Mais MM. Jacini et Vanot ti qui en devaient être membres rèfusèrent par des motifs opposès. Cette commission a été constituèe depuis, sous | la présidence de Mr. Tatti et ce dernier s'efforcera de concilier l'opinion avec les décisions de la confèrence inter nationale!

Rien ne presse du reste car j'ai acquis la certitude que le Conseil provincial ne traitera la question qu'au mois de Dècembre. Il se rèunit le le 27 et restera probablement ras semblé pendant la semaine prochaine, mais il traitera son budget et d'autres affaires. La commission des chemins de fer ne pourra rapporter parceque le plan adoptè ne le permet pas. Ce plan le voici.

D'abord le programme de la commission a été changé. Elle avait été instituèe pour la dèfense des passages orientaux. Mais dans une des premières sèances du mois de Septembre on lui a sur la proposition de l'ingr Bianchi imposè la tâche plus générale de rechercher le passage le plus favorable aux in térêts de la Haute Italie et des autres provinces. D'un autre côté le Ministère a immédiatement répondu à la protéstation que vous avez lue, en informant la commission que ses délé gués à Berne avaient des instructions conformes aux con clusions de 1866, que la supèrioritè du Gothard était | démontrèe pour l'Italie, mais que si Milan ou d'autres trouvaient les moyens pour éxécuter le Splugen en sus on ne leur ferait pas de difficultés.

L'intention de cette commission provinciale est de réunir pour le 17 Oct. des délégués des provinces de la Lombardie, Vèné tie, de Livourne et Florence, de l'Emilie et de la Romagne et de toutes les provinces situées à l'Est de l'Apennin jus qu'à Brindisi. On parait vouloir laisser de côté le Piemont, la Ligurie et Naples. Cette conférence est destinèe à établir une liste des subsides éventuels destinès soit au Splugen soit à un autre passage et c'est avec cette liste en main que la commission peut rapporter en Dècembre. Elle consti tue le point le plus important que nous ayons à envisa ger. Il est évident que légalement les conseils provinciaux ne peuvent se réunir et dèlibèrer entre eux. Cette confè rence ne peut donc avoir un caractère officiel et doit être considèrée comme une réunion complètement libre. Néan moins j'ai prié Mr. Maraïni qui est depuis hier à Florence d'attirer l'attention des Ministres sur cette cir constance àfin que cette confèrence ne produise pas l'ef | fet d'un petit parlement. Les invitations ne sont pas encore lancées; comme le terme du 17 Oct. est assez rapproché et que la délégation supposerait que la convo cation trouve partout les conseils provinciaux rèunis, ce qui n'est pas probable, il se pourrait bien que la confèrence échoue ou qu'elle ne sera que très restreinte qu'elle serve enfin de moyen pour enterrer l'agitation.

Mr. Giuseppe Bianchi, rapporteur de la Commission a qui je dois les dètails qui prècèdent et qui est venu tout exprès de Varese pour nous voir, est très favorable au St. Gothard. Il faut éspérer qu'il conduira conve nablement la barque, car des autres membres Mr. Visconti Venosta est le seul qu'on suppose accessible à un argument raisonnable. Robecchi , et surtout Piolti de Bianchi Giuseppe et Borgomanero sont les fanatiques qu'on nous a conseillé de ne pas aller reveiller par nos visites parcequ'ils organiseraient immédiatement une action contraire.

J'ai été à Monza porter moi même au sènateur Lissoni prèsident du Conseil provincial notre adresse. | C'est un vieillard fort calme qui m'a confirmé d'abord que le Conseil provincial ne s'occupera pas maintenant de cette question, qui sera probablement remise au mois de Dècembre. Il m'a dit de plus qu'on n'avait pas encore lu l'adresse de l'Union Suisse dans le Conseil et qu'on soumettrait les deux piéces simultanèment. Elles seront sans doute remises à la Commission. Mr. Lissoni s'exprime sur la question approximativement dans le sens du vote Belinzaghi dans la chambre de commerce et n'a pas l'air d'attendre beaucoup de l'agitation Splughiste.

Le prèsident de la chambre de commerce, Mr. Villa Pernice dèputé de Lecco, n'a pas déguisé ses sympathies pour le Splugen, mais je pense que sa situtation personnelle lui ôtera son influence et que l'opinion Belinzaghi prè vaudra. J'ai vu une demidouzaine de notables com merciaux. Les Suisses seuls sont au courant de la ques tion jusqu'à un certain point, les Milanais eux mêmes n'en savent pas beaucoup. Ceux qui soutiennent le Splugen, à part les motifs personnels qu'ils ne disent | s'appuient sur l'avantage politique d'une ligne qui reste italienne jusq'au sommet des Alpes.

Mr. Griffini directeur de la Cassa di Risparmio, aussi membre du conseil municipal, homme très influent est Gothardiste. Nous l'avons mis au courant de ce qu'il est utile de savoir.

Mr. Jacini est revenu de la Suisse avec un tempèrament un peu plus vif que celui avec lequel il y est arrivè. Il va publier une lettre qu'il a adressée au mois de juin à la municipalité lors de la nomination de la commission municipale. Il parle aussi de faire impri mer par les journaux son rapport de 1866.

Ce que nous avons à faire dans ce moment c'est 1o de faire traduire en italien, mais en bon italien l'adresse au Conseil provincial, la faire imprimer ou auto graphier et la faire repartir parmi les membres. Voulez vous soigner cela et nous enverrons alors ces imprimés à Mr. Tatti.

2o Si l'invitation pour le 17 Oct. a effectivement lieu | ce que Mr. Maraïni s'est chargè de surveiller nous lancerons une adresse à chacune des provinces invitées.

3o Suivant la marche des évènemens Mr. Correnti choisira le moment de son apparition à Milan. Inutile de brûler la poudre trop vite.

Mr. Maraïni qui est parti avanthier soir pour Florence a emporté un des télégrammes que le prefet Torelli a lancé le 6 Ct aux Conseils provinciaux et appelera l'attention des Ministres sur l'abus de position dont Mr. Torelli s'est rendu coupable.

Il est inutile de s'arrêter à Côme. Aussitôt mon arrivèe à Milan connue, les conseils municipaux de Lugano et de Côme se sont mis en mouvement pour faire une dé marche auprès du syndicat de Milan. Je leur ai bien fait comprendre qu'ils devaient agir isolèment, mais j'ai exposè aux délègués de Côme qui ont été longtems chez moi ce qu'ils avaient à faire. Surtout je leur ai conseillé de faire tout au monde pour faire envoyer à la confèrence du 17 Oct. un homme capable et | actif. –

En somme la marche suivie par le Conseil provincial traîne la question et c'est un grand avantage pour nous. Si au mois de Decembre le traité international est achevé l'agitation s'apaisera d'elle même. Il s'en suit aussi que l'Union Suisse n'aura pas de réponse pour le 15 Octobre. Préparons nous en attendant à voter à cette dernière date un nouveau sursis pour la ratifi cation de la concession du Splugen.

Veuillez faire lire cette lettre à MM. Welti et Correnti et agréez, Monsieur, mes salutations les plus empressées

Feer Herzog

Monsieur Alfred Escher, Berne